La séparation entre deux chambres constitue un enjeu majeur de confort acoustique dans l’habitat moderne. Avec l’évolution des modes de vie et la densification urbaine, l’isolation phonique entre espaces intimes devient une préoccupation centrale pour les propriétaires et locataires. Une cloison mal dimensionnée peut transformer votre quotidien en cauchemar sonore, où chaque conversation, chaque mouvement de votre voisin de chambre devient audible. Le choix de l’épaisseur de cloison ne se résume pas à une simple question d’espace disponible : il détermine directement la qualité de votre sommeil et votre bien-être au quotidien. Entre normes techniques, contraintes budgétaires et performance acoustique, plusieurs paramètres influencent cette décision cruciale.

Réglementation acoustique française DTU 25.41 pour l’isolation phonique entre chambres

Le Document Technique Unifié DTU 25.41 constitue la référence incontournable pour l’exécution des cloisons en plaques de plâtre sur ossature métallique. Ce texte normatif encadre rigoureusement les performances acoustiques exigées entre locaux privatifs, particulièrement entre chambres. Les prescriptions techniques définissent des seuils minimaux d’affaiblissement acoustique selon la nature des espaces séparés.

La réglementation française impose des critères stricts pour garantir le confort acoustique des occupants. L’indice d’affaiblissement acoustique pondéré DnT,A constitue la mesure de référence pour évaluer la performance d’une cloison séparative. Cette valeur, exprimée en décibels, quantifie la capacité d’un élément constructif à réduire la transmission des bruits aériens entre deux locaux adjacents.

Normes NRA (nouvelle réglementation acoustique) pour les cloisons séparatives

La Nouvelle Réglementation Acoustique, entrée en vigueur en 2000, fixe les exigences minimales pour les bâtiments d’habitation neufs. Entre deux locaux à usage privatif, comme deux chambres d’un même logement, l’affaiblissement acoustique minimal requis s’élève à 40 dB DnT,A. Cette valeur garantit un niveau de confort acceptable pour des activités résidentielles courantes.

Pour les logements collectifs, les exigences se renforcent considérablement. L’isolement acoustique entre logements distincts doit atteindre au minimum 53 dB DnT,A pour les bruits roses et 58 dB DnT,A pour les bruits de circulation. Ces seuils plus élevés reflètent la nécessité de préserver l’intimité entre foyers différents.

Exigences DnT,A,rose minimales selon le type de logement collectif ou individuel

Les performances acoustiques requises varient significativement selon la configuration architecturale et l’usage des espaces. En maison individuelle, la séparation entre deux chambres d’enfants nécessite généralement un affaiblissement de 42 à 45 dB DnT,A pour assurer une tranquillité suffisante. Cette valeur permet de filtrer les conversations à voix normale tout en préservant l’intimité de chacun.

Dans les immeubles collectifs, les contraintes acoustiques s’intensifient. Les cloisons séparatives entre appartements doivent présenter un affaiblissement minimal de 53 dB DnT,A. Cette exigence reflète la diversité des modes de vie et la nécessité de protéger chaque foyer des nuisances sonores générées par ses voisins. La conception acoustique doit anticiper les situations les plus contraignantes,

notamment les bruits répétitifs (portes qui claquent, passages fréquents, télévision) et l’occupation de la pièce voisine jusque tard dans la nuit. Entre deux chambres situées dans des logements différents, viser 55 dB DnT,A,rose constitue aujourd’hui un objectif réaliste pour un bon confort, même si la réglementation se contente d’un peu moins. Dans la pratique, la plupart des maîtres d’ouvrage exigent désormais des niveaux supérieurs aux minima réglementaires, afin de limiter les litiges acoustiques après livraison.

Certifications ACERMI et marquage CE des matériaux isolants phoniques

Pour être certain que l’isolant placé dans votre cloison entre chambres tient ses promesses, il est indispensable de s’appuyer sur des produits certifiés. En France, la certification ACERMI (Association pour la Certification des Matériaux Isolants) garantit les performances thermiques et, de plus en plus, acoustiques des isolants. Elle atteste notamment la résistance thermique, la conductivité λ, la stabilité dimensionnelle et la durabilité du matériau.

Le marquage CE, obligatoire pour la mise sur le marché européen, constitue le socle minimal : il vérifie la conformité aux normes de sécurité et de santé. Toutefois, pour un projet où l’isolation phonique des cloisons est stratégique, comme entre deux chambres, le marquage CE ne suffit pas. Privilégiez toujours un isolant disposant à la fois du marquage CE et d’un certificat ACERMI, avec une fiche technique détaillant la performance acoustique (affaiblissement additionnel en dB dans un système donné).

Vous verrez parfois sur les emballages des mentions marketing du type « isolant phonique » sans données chiffrées. Méfiez-vous de ces formulations vagues. Un bon réflexe consiste à vérifier : la densité (en kg/m³), le classement ACERMI et, si possible, les résultats d’essais en laboratoire réalisés sur une cloison standard (par exemple BA13 + ossature 48 mm + isolant 45 mm + BA13). C’est cette combinaison qui vous permet de comparer objectivement deux solutions pour votre cloison entre chambres.

Contrôles réglementaires et mesures in situ selon la norme NF EN ISO 16283

Dans les opérations neuves importantes (logements collectifs, résidences étudiantes, hôtels), des contrôles acoustiques peuvent être réalisés en fin de chantier. Ces mesures in situ s’effectuent conformément à la norme NF EN ISO 16283, qui remplace progressivement les anciennes méthodes de mesure sur le bâti existant. L’objectif : vérifier que l’isolement acoustique entre pièces respecte bien les exigences NRA et les engagements contractuels.

Concrètement, un acousticien installe une source de bruit normalisée dans une pièce (généralement du bruit rose) et mesure le niveau sonore résiduel dans la pièce adjacente. Il tient compte du temps de réverbération et des caractéristiques volumétriques pour calculer l’indice DnT,A ou DnT,A,rose. En cas de non-conformité, des investigations sont menées pour identifier les faiblesses : manque d’isolant, joints défaillants, boîtes électriques dos à dos, contact rigide entre cloison et structure, etc.

Dans une maison individuelle, ces contrôles sont plus rares mais restent possibles, notamment lorsqu’un litige oppose un particulier à une entreprise sur la qualité de l’isolation phonique entre deux chambres. Savoir que des méthodes normalisées existent est rassurant : la performance acoustique n’est pas une impression subjective, elle se mesure. Si vous engagez des travaux importants, prévoir un petit budget pour un contrôle ponctuel peut être judicieux afin de valider l’efficacité de la cloison mise en œuvre.

Systèmes constructifs de cloisons distributives BA13 et épaisseurs techniques

Au-delà des textes réglementaires, la question centrale est souvent très concrète : quel système de cloison choisir entre deux chambres pour concilier épaisseur, coût et isolation phonique ? Les solutions à base de plaques de plâtre type BA13 sur ossature métallique restent le standard dans l’habitat contemporain. Elles offrent un excellent rapport performances/prix et une grande souplesse pour faire passer les gaines électriques ou réseaux faibles.

On distingue plusieurs grandes familles de systèmes : les cloisons alvéolaires légères, les cloisons PlacoStil 72/48 ou 98/48 avec laine minérale, les doublages acoustiques renforcés type Placo Phonique en double peau, et les systèmes spécifiques comme Optima Mur pour les murs existants. En parallèle, les cloisons maçonnées en carreaux de plâtre ou béton cellulaire restent d’actualité, notamment en rénovation lourde ou pour des hauteurs importantes. Chacun de ces systèmes présente une épaisseur de cloison spécifique et une performance acoustique mesurable.

Cloisons alvéolaires placostil 72/48 avec isolant laine de roche

Les cloisons alvéolaires, parfois appelées panneaux « nid d’abeilles », sont fréquentes dans les logements des années 80-2000. Légères et rapides à poser, elles offrent cependant une isolation phonique limitée, surtout lorsqu’aucun isolant n’est prévu au cœur de la structure. Pour une cloison entre deux chambres, mieux vaut se tourner vers un système Placostil 72/48 classique avec ossature métallique et laine minérale, qui peut atteindre des performances nettement supérieures.

Le principe de la cloison 72/48 est simple : une ossature en montants de 48 mm, deux plaques BA13 de part et d’autre, et un isolant souple de 45 mm (laine de verre ou laine de roche) placé entre les montants. On obtient une épaisseur totale de cloison d’environ 72 à 75 mm. Avec une laine de roche de densité adaptée (35 à 45 kg/m³) et une pose soignée, ce système peut atteindre 42 à 44 dB Rw en laboratoire, ce qui correspond généralement à 40-42 dB DnT,A sur chantier, soit le minimum recommandé entre deux chambres calmes.

Si vous partez d’une cloison alvéolaire existante très peu performante, une solution consiste à la déposer pour la remplacer par une cloison Placostil 72/48 isolée. Le gain acoustique est alors sensible au quotidien, pour une perte de surface habitable limitée. Vous hésitez à épaissir davantage ? Gardez en tête que passer de 72 mm à 98 mm d’épaisseur peut encore améliorer l’isolation phonique de votre cloison de 6 à 8 dB, ce qui représente une réduction de bruit très appréciable.

Doublage acoustique placo phonique BA13 + BA13 sur ossature métallique

Pour des besoins de silence plus exigeants (chambre d’ado musicien, espace de télétravail, salle TV attenante à une chambre), le simple système 72/48 peut s’avérer insuffisant. C’est là qu’intervient le doublage acoustique avec plaques spéciales, comme les plaques Placo® Phonique, généralement reconnaissables à leur parement bleu. Plus denses qu’un BA13 standard, elles augmentent la masse de la cloison, paramètre clé pour bloquer les bruits aériens.

Un montage courant consiste à réaliser une cloison sur ossature 48 mm avec un isolant de 45 ou 70 mm, puis à poser une double peau de plaques de plâtre (BA13 + BA13 ou BA13 Phonique + BA13) de chaque côté. L’épaisseur totale de cloison atteint alors environ 98 mm à 120 mm selon l’isolant et les plaques choisies. On peut atteindre 50 à 55 dB Rw en laboratoire, soit environ 48 à 52 dB DnT,A en situation réelle, ce qui correspond à un très bon niveau d’isolation entre deux chambres.

Vous craignez de perdre trop de place ? Pensez à raisonner en confort quotidien : quelques centimètres de largeur en moins pour gagner plusieurs heures de sommeil tranquilles par semaine, le calcul est vite fait. De plus, la double peau offre d’autres avantages : meilleure rigidité de la cloison, meilleure tenue des fixations, meilleure résistance aux chocs. C’est souvent la solution idéale dans les constructions neuves de qualité ou lors de rénovations haut de gamme.

Systèmes optima mur avec montants 70mm et contre-cloisons désolidarisées

Lorsque l’on ne souhaite pas démolir une cloison existante ou que l’on travaille sur un mur porteur séparant deux chambres, il est parfois plus pertinent de créer une contre-cloison désolidarisée. Les systèmes Optima Mur, largement utilisés en isolation thermique intérieure, se prêtent très bien à cet usage en version acoustique. Le principe : une ossature métallique de 70 mm ou 90 mm, légèrement décollée du mur existant, dans laquelle on insère un isolant (laine de verre ou de roche) avant de visser une ou deux plaques de plâtre.

Cette désolidarisation limite fortement la transmission des vibrations solidiennes. En acoustique, on parle de système « masse-ressort-masse » : le mur existant représente la première masse, l’isolant le ressort, et les plaques de plâtre la seconde masse. Plus l’ossature est large (70 ou 90 mm) et l’isolant performant, meilleures sont les performances. En pratique, une contre-cloison Optima Mur de 120 à 140 mm d’épaisseur totale peut améliorer l’isolement acoustique d’un mur léger de 10 à 15 dB, ce qui change radicalement le ressenti d’une cloison entre deux chambres.

Ce type de solution est particulièrement adapté si vous ne pouvez intervenir que d’un seul côté (par exemple, vous voulez renforcer l’isolation entre votre chambre et celle de votre voisin, mais uniquement chez vous). Elle permet de traiter en même temps l’aspect thermique, en augmentant la résistance thermique du mur. Attention toutefois à la gestion des détails : jonctions avec les cloisons perpendiculaires, embrasures de portes, coffres de volets roulants. Un bon système peut être fortement dégradé par quelques ponts phoniques mal gérés.

Cloisons maçonnées béton cellulaire 7cm vs carreaux de plâtre hydrofugés 10cm

Les cloisons maçonnées conservent une place importante, notamment en rénovation traditionnelle ou dans les logements où l’on recherche avant tout la robustesse. Deux matériaux reviennent souvent : le béton cellulaire de 7 à 10 cm d’épaisseur et les carreaux de plâtre de 5, 7 ou 10 cm, parfois en version hydrofuge pour les pièces humides. Quelle solution privilégier entre deux chambres ?

En termes d’isolation acoustique, une cloison en carreaux de plâtre pleins de 10 cm offre généralement un affaiblissement de l’ordre de 38 à 40 dB Rw, parfois un peu plus avec un enduit lourd. Le béton cellulaire de 7 cm, plus léger, présente des performances comparables voire légèrement supérieures si l’on soigne les enduits des deux côtés. La différence principale se joue sur le poids au m², la facilité de coupe, et la capacité à recevoir des fixations. Le béton cellulaire est plus léger mais demande des chevilles spécifiques ; le carreau de plâtre est plus lourd mais supporte bien les charges réparties.

Pour une cloison entre deux chambres, une solution maçonnée seule est souvent un peu juste si l’on vise un très bon confort acoustique. On peut alors la combiner à un parement en plaques de plâtre sur ossature désolidarisée d’un côté, avec un isolant souple de 45 ou 70 mm. Cette approche hybride permet d’atteindre des niveaux de 50 dB DnT,A et plus, au prix d’une épaisseur de cloison totale qui peut dépasser 15 cm. C’est une solution intéressante dans les projets où l’on ne craint pas de perdre quelques centimètres mais où l’on veut un résultat très pérenne.

Performance acoustique DnT,A en fonction de l’épaisseur totale des cloisons

On a tendance à résumer la question à une formule simple : « plus la cloison est épaisse, mieux elle isole ». Ce n’est pas totalement faux, mais la réalité est un peu plus subtile. L’isolation phonique d’une cloison entre deux chambres dépend à la fois de sa masse (kg/m²), de la désolidarisation entre les deux parements, de la nature et de l’épaisseur de l’isolant et, bien sûr, de l’étanchéité à l’air (joints, traversées, boîtiers électriques…). L’épaisseur n’est donc qu’un indicateur parmi d’autres, même si, à système égal, une cloison plus épaisse laisse en général plus de place pour l’isolant.

Pour vous aider à y voir clair, voici des ordres de grandeur typiques entre épaisseur de cloison et performance acoustique DnT,A obtenue sur chantier, dans le cas de réalisations soignées :

Configuration de cloison Épaisseur totale approx. Indice DnT,A typique Niveau de confort entre chambres
Cloison BA13 + BA13 sans isolant (ossature 48) 72 mm 35–38 dB Faible, conversations audibles
Cloison 72/48 + laine minérale 45 mm 72–75 mm 40–42 dB Confort standard, usage courant
Cloison 98/48 double peau + isolant 45/70 mm 95–110 mm 48–52 dB Très bon confort, idéal chambres
Maçonné 10 cm + contre-cloison isolée 72 mm 170–190 mm 55–60 dB Confort premium, bruits forts atténués

On le voit, passer d’une cloison simple sans isolant à une cloison 72/48 avec laine minérale peut apporter un gain de 5 à 7 dB, ce qui correspond subjectivement à une réduction de bruit d’environ 30 %. En doublant les parements pour atteindre une cloison de 98 mm, on peut encore gagner 6 à 8 dB, soit une réduction supplémentaire d’environ 40 %. C’est un peu comme baisser progressivement le volume d’une radio : chaque saut de 5 dB se ressent très clairement dans la pièce.

Faut-il pour autant viser systématiquement les cloisons les plus épaisses ? Pas forcément. Dans une maison individuelle calme, une cloison de 72 mm bien réalisée, avec isolant et joints soignés, suffira largement entre deux chambres d’adultes. En revanche, dans un appartement bruyant ou avec des modes de vie très décalés, la cloison de 98 mm devient presque indispensable. La clé est d’ajuster l’épaisseur de cloison à l’usage réel de la pièce et au niveau de bruit attendu, plutôt que de surdimensionner ou, à l’inverse, de sous-dimensionner par souci d’économie immédiate.

Contraintes techniques d’installation et épaisseur minimale requise

Au-delà de l’acoustique pure, une cloison entre deux chambres doit aussi répondre à des contraintes techniques : passage des réseaux, respect des normes électriques, intégration d’éventuelles canalisations, gestion des points singuliers comme les coffres de volets roulants. C’est souvent ces éléments « invisibles » qui imposent une épaisseur minimale de cloison, parfois plus que le simple besoin d’isolation.

Vous vous demandez par exemple si une cloison de 50 mm pourrait suffire pour gagner quelques précieux centimètres ? Dans la plupart des cas, la réponse est non, car elle ne permet pas de passer confortablement les gaines électriques, ni d’insérer un isolant efficace. C’est pourquoi les professionnels utilisent très majoritairement des ossatures de 48 mm au minimum pour les cloisons distributives entre chambres, ce qui conduit d’emblée à une épaisseur de 70 à 75 mm.

Réservations électriques selon norme NFC 15-100 et gaines ICTA 3422

La norme NFC 15-100, qui régit les installations électriques basse tension en France, impose un certain nombre de règles pour la pose des gaines, boîtes d’encastrement et appareillages. Entre deux chambres, vous aurez au minimum des interrupteurs, prises de courant, et parfois des points de commande spécifiques (volets roulants, variateurs…). Ces équipements nécessitent des réservations suffisantes dans l’épaisseur de la cloison.

Les gaines les plus courantes sont les ICTA 3422 de diamètre 16 ou 20 mm, parfois 25 mm pour des faisceaux plus importants. Dans une ossature de 48 mm, on parvient à loger ces gaines sans difficulté, en les passant au travers des montants pré-percés, tout en laissant encore de la place pour l’isolant. En deçà, la cohabitation entre gaine et isolant devient délicate, voire impossible sans écrasement, ce qui nuit à la fois à la sécurité et à la performance acoustique.

Les boîtiers d’encastrement pour prises et interrupteurs ont eux-mêmes une profondeur standard d’environ 40 mm. Dans une cloison de type BA13 + ossature 48 mm + BA13, ils s’installent sans dépasser de l’autre côté de la cloison. En revanche, dans une cloison trop mince, vous risquez de rapprocher dangereusement les boîtiers des deux faces, voire de les placer dos à dos, ce qui crée un pont acoustique majeur et détériore l’isolement entre chambres.

Passage des canalisations PER 16×2 et évacuations PVC diamètre 100mm

Il arrive qu’une cloison entre deux chambres serve aussi de support à certaines canalisations, notamment dans les zones proches de salles de bains, WC ou cuisines. Les tubes PER pour eau chaude et eau froide, en diamètre 12 ou 16 mm (type PER 16x2), ainsi que certaines évacuations en PVC, doivent alors trouver leur place. C’est un point souvent sous-estimé au moment de dimensionner l’épaisseur de la cloison.

Pour du PER, une ossature de 48 mm avec un isolant souple reste en général suffisante, à condition de prévoir des percements propres et des colliers anti-vibratiles. En revanche, pour une évacuation PVC de diamètre 100 mm (cas d’un WC par exemple), il devient nécessaire de passer sur une cloison technique de 120 mm minimum, voire davantage si l’on souhaite ajouter une isolation acoustique et un habillage double peau. Autrement, le tube risque de ressortir ou d’imposer un coffrage disgracieux.

Entre deux chambres, il est généralement déconseillé de faire passer des canalisations bruyantes (chutes d’eau, évacuations importantes). Si vous n’avez pas le choix, doublez au moins la cloison côté chambre la plus sensible, avec un système désolidarisé et un isolant dense. Vous limiterez ainsi la perception des bruits d’écoulement, qui peuvent être particulièrement gênants la nuit.

Désolidarisation des cloisons avec bandes périphériques perimur

Pour optimiser l’isolation acoustique d’une cloison, l’un des gestes techniques les plus efficaces est la désolidarisation des éléments. En pratique, cela consiste à interposer une bande résiliente entre l’ossature métallique de la cloison et les parois rigides du bâtiment (dalle, plafond, murs porteurs). Des produits comme les bandes périphériques Perimur ou équivalents jouent exactement ce rôle.

Ces bandes, souvent en mousse ou en matériau élastomère, se posent sous les rails au sol et au plafond, ainsi qu’éventuellement en appui sur les murs latéraux. Elles évitent que les vibrations se transmettent directement de la structure à la cloison et inversement. L’impact sur l’épaisseur totale est quasi nul (quelques millimètres), mais le gain acoustique peut atteindre 2 à 3 dB, ce qui n’est pas négligeable lorsque l’on cherche à franchir un seuil de 40 ou 45 dB DnT,A.

On peut voir cette bande résiliente comme un petit amortisseur, à la manière des suspensions d’une voiture : elle ne change pas la taille du véhicule, mais elle filtre les irrégularités de la route. De la même façon, les bandes Perimur filtrent les vibrations structurelles qui, sinon, se glisseraient dans votre cloison entre deux chambres. Pour que l’effet soit optimal, il faut toutefois veiller à ne pas « court-circuiter » la désolidarisation par des fixations rigides non prévues (par exemple, une vis traversante qui accrocherait la cloison directement dans le béton).

Traitement des points singuliers : coffres volets roulants et boîtiers électriques

Les meilleurs systèmes de cloison peuvent être ruinés par une poignée de points singuliers mal traités. Parmi eux, deux champions : les coffres de volets roulants et les boîtiers électriques. Situés en tête des baies, les coffres de volets roulants constituent souvent des zones de faiblesse acoustique, surtout lorsqu’ils communiquent entre deux pièces via une réservation continue.

Lorsque deux chambres se font face de part et d’autre d’un couloir, par exemple, il est essentiel de prévoir des coffres individualisés, correctement isolés et étanches à l’air, plutôt qu’un volume unique partagé. Côté cloison, on veillera à soigner la jonction entre le parement en plâtre et le coffre, en utilisant des bandes et mastics adaptés. Une fente de quelques millimètres peut suffire à laisser passer les bruits comme une véritable « bouche d’aération sonore ».

Les boîtiers électriques, quant à eux, doivent être disposés avec prudence. Règle d’or : éviter absolument de les placer dos à dos de part et d’autre de la cloison entre deux chambres. Chaque boîtier représente une rupture dans la masse et l’étanchéité de la cloison, créant un pont phonique. Il est préférable de les décaler horizontalement d’au moins 30 cm, ou d’utiliser des boîtiers acoustiques spécifiques, plus étanches et parfois doublés d’une coque isolante. Là encore, la perte d’épaisseur est nulle, mais le gain de confort acoustique est bien réel.

Solutions techniques spécialisées selon configuration architecturale existante

Chaque projet de cloison entre deux chambres est unique, car il s’inscrit dans une configuration architecturale existante : logement ancien avec murs porteurs en pierre, appartement collectif en béton, maison à ossature bois, combles aménagés sous rampant… Les solutions techniques ne seront pas les mêmes selon que vous construisez du neuf ou que vous rénovez en milieu occupé, avec ou sans possibilité de démolition.

Dans les bâtiments anciens, on rencontre souvent des murs épais mais peu isolants phoniquement, car rigides et solidaires de l’ensemble de la structure. Dans ce cas, la création d’une contre-cloison désolidarisée côté chambre est souvent l’option la plus efficace, quitte à perdre 10 à 15 cm. À l’inverse, dans les constructions récentes déjà dotées de cloisons BA13, un simple renforcement par une seconde peau de plaque et un isolant complémentaire peut suffire, à condition de traiter soigneusement les jonctions.

Vous devez composer avec une très faible épaisseur disponible, par exemple dans un couloir étroit séparant deux chambres ? Il existe des systèmes de plaques de plâtre haute densité (type 18 mm) associées à des membranes acoustiques fines (quelques millimètres) qui permettent de gagner quelques dB sans dépasser une épaisseur de 60-70 mm. Ce ne sera jamais équivalent à une cloison de 98 mm bien isolée, mais cela peut éviter d’importants travaux de démolition tout en améliorant nettement la situation.

Dans les maisons à ossature bois, enfin, les problématiques sont un peu différentes : les transmissions latérales par la structure peuvent être plus importantes. Il est alors conseillé d’opter pour des cloisons à double ossature désolidarisée (deux réseaux de montants distincts, chacun portant ses plaques), avec un isolant fibreux au milieu. L’épaisseur de la cloison dépasse en général 120 mm, mais on obtient d’excellents résultats, compatibles avec un haut niveau de confort entre chambres dans un environnement très léger.

Coûts matériaux et main-d’œuvre par m² selon l’épaisseur choisie

Reste une question déterminante pour tout projet : combien coûte réellement une cloison plus épaisse et mieux isolée entre deux chambres ? En pratique, la différence de prix entre une cloison standard de 72 mm et une cloison renforcée de 98 mm est bien moins spectaculaire que la différence de confort qu’elle procure. Ce sont surtout les surfaces totales, l’accessibilité du chantier et la complexité des détails qui font varier la facture.

À titre indicatif, pour une pose par un professionnel en 2026, on peut retenir les ordres de grandeur suivants (fourniture + main-d’œuvre, hors démolition et finitions décoratives) :

Type de cloison entre chambres Épaisseur approx. Prix moyen HT au m² Commentaire
Placostil 72/48 + laine minérale 45 mm 72–75 mm 45–60 € Solution standard, bon rapport qualité/prix
Cloison 98/48 double peau + isolant 45/70 mm 95–110 mm 60–85 € Confort acoustique élevé, surcoût modéré
Contre-cloison Optima Mur 70 mm sur mur existant 110–140 mm 70–100 € Idéal en rénovation, gain thermique + acoustique
Cloison maçonnée 10 cm + parement BA13 isolé 170–190 mm 90–130 € Solution lourde, très performante

Sur une base de 10 m² de cloison entre deux chambres (ce qui correspond à un mur de 4 m de long sur 2,5 m de haut), le surcoût pour passer d’une cloison 72 mm à une cloison 98 mm se situe souvent entre 150 et 250 € HT. Rapporté à la durée de vie du logement et au gain de confort quotidien, on est sur un investissement très rentable. C’est un peu comme choisir une fenêtre mieux isolée : la différence de budget est limitée, mais l’effet ressenti au fil des années est considérable.

Si votre budget est très contraint, vous pouvez arbitrer en combinant les solutions : par exemple, réserver les cloisons 98 mm ou les contre-cloisons désolidarisées aux chambres les plus sensibles (parents, bébé, télétravail), et conserver des cloisons 72 mm pour les espaces moins critiques. N’hésitez pas à demander plusieurs devis détaillés à des plaquistes différents, en spécifiant clairement le niveau de performance acoustique souhaité plutôt qu’une simple épaisseur : un professionnel sérieux saura alors vous proposer le meilleur compromis entre épaisseur de cloison, isolation phonique et budget global.