# Quel entraxe de solive pour un plancher OSB ?
La conception d’un plancher bois performant repose sur un équilibre technique précis entre plusieurs paramètres structurels. L’entraxe des solives, c’est-à-dire la distance séparant leurs axes respectifs, conditionne directement la rigidité, la résistance et le confort d’usage du plancher. Ce dimensionnement s’appuie sur des normes techniques rigoureuses qui intègrent les caractéristiques mécaniques des matériaux, les charges appliquées et les exigences de déformation maximale. Pour les planchers utilisant des panneaux OSB comme revêtement, cette question devient encore plus stratégique, car l’épaisseur du panneau doit être parfaitement adaptée à l’espacement des supports. Un choix inapproprié peut engendrer des pathologies structurelles coûteuses : affaissement prématuré, grincements persistants ou fissuration des panneaux. Comprendre les principes de calcul et les références normatives permet d’éviter ces désagréments et de garantir la pérennité de l’ouvrage.
Comprendre les normes DTU 51.3 et eurocode 5 pour le dimensionnement des solives
Le dimensionnement des structures bois en France s’appuie sur deux références complémentaires : le DTU 51.3 qui encadre la mise en œuvre des planchers en bois ou en panneaux dérivés, et l’Eurocode 5 (NF EN 1995) qui définit les méthodes de calcul des structures en bois. Ces textes normatifs fixent les règles de conception, les hypothèses de charge et les critères de performance à respecter. L’Eurocode 5 introduit notamment une approche semi-probabiliste des états limites, distinguant les états limites ultimes (résistance structurelle) et les états limites de service (déformations, vibrations). Pour les planchers d’habitation, c’est généralement le critère de flèche qui dimensionne la structure plutôt que la résistance pure du matériau. Cette distinction est fondamentale car elle conduit à privilégier des sections plus importantes que celles strictement nécessaires à la reprise des charges.
Charges d’exploitation selon la norme NF P 06-001 pour planchers résidentiels
La norme NF P 06-001 (aujourd’hui remplacée par l’Eurocode 1) définit les charges d’exploitation conventionnelles à considérer pour les locaux d’habitation. Pour un plancher d’étage résidentiel standard, cette charge est fixée à 150 kg/m², valeur qui couvre l’usage normal incluant le mobilier domestique, les occupants et les équipements courants. Cette charge s’ajoute aux charges permanentes (poids propre du plancher, revêtements, cloisons légères) généralement évaluées entre 50 et 80 kg/m². Pour les combles aménagés sans fonction de stockage intensif, la même valeur de 150 kg/m² s’applique. En revanche, si vous prévoyez un usage spécifique comme une bibliothèque ou un atelier, il convient d’augmenter cette charge de calcul jusqu’à 250 kg/m², voire davantage selon la densité de stockage envisagée.
Calcul de la flèche maximale admissible L/400 pour panneaux OSB
La flèche représente la déformation verticale maximale du plancher sous charge. Pour garantir le confort d’usage et éviter la dégradation des revêtements de sol ou du plafond sous-jacent, les normes imposent une limite de déformation. Le critère usuel pour un plancher d’habitation est fixé à L/400</strong
de la portée L entre appuis pour les planchers OSB. Concrètement, cela signifie que pour une solive de 4,00 m de portée, la déformation instantanée sous charges de calcul ne doit pas dépasser 10 mm. À cette flèche immédiate s’ajoute une part différée liée au fluage du bois et des panneaux OSB, ce qui impose de rester prudent et, dans le doute, de surdimensionner légèrement la structure. En pratique, lorsque vous hésitez entre deux entraxes de solives pour un plancher OSB (par exemple 500 mm ou 600 mm), viser une flèche inférieure au L/400 réglementaire vous donnera un plancher plus « sec » et plus confortable à l’usage.
Classes de résistance C18 et C24 des solives en résineux
Les solives de plancher en résineux sont classées selon des classes de résistance définies par la norme NF EN 338, les plus courantes étant C18 et C24. Ce classement tient compte de la résistance en flexion, en compression et en traction, ainsi que du module d’élasticité du bois. Une solive en classe C24 présente des performances mécaniques sensiblement supérieures à une solive en C18, à section égale. Cela permet soit de réduire légèrement la section pour une portée donnée, soit d’augmenter la portée ou l’entraxe tout en respectant les critères de flèche et de résistance.
Dans les projets courants de plancher OSB pour l’habitation, l’utilisation de bois de structure en classe C24 est aujourd’hui largement répandue car elle offre une meilleure sécurité de dimensionnement et une moindre sensibilité aux singularités (nœuds, fil du bois dévié). Le C18 reste possible, mais au prix de sections plus généreuses ou d’entraxes plus serrés pour obtenir la même performance. Si vous travaillez sur une rénovation et que la classe de résistance n’est pas connue, il est prudent de considérer un niveau C18 par défaut, ou de faire expertiser le bois par un professionnel.
Détermination du module d’élasticité longitudinal pour bois massif
Le module d’élasticité longitudinal E traduit la raideur du bois en flexion : plus il est élevé, moins la solive se déforme sous une charge donnée. Eurocode 5 propose des valeurs de calcul pour chaque classe de résistance : à titre indicatif, le module d’élasticité moyen en flexion est d’environ 9 000 MPa pour une classe C18 et 11 000 MPa pour une classe C24. Pour le dimensionnement en état limite de service (flèche), on utilise en général un module d’élasticité « effectif », légèrement réduit pour tenir compte du fluage et des conditions de service (humidité, durée de charge).
Dans les logiciels de calcul ou les abaques de solivage, ces valeurs sont déjà intégrées, ce qui vous évite de manipuler directement les formules complexes de flexion. Néanmoins, comprendre que la flèche est inversement proportionnelle à E permet de mieux appréhender l’influence du choix d’une essence de bois ou d’une classe de résistance. Par analogie, on peut comparer cela à un ressort : à diamètre identique, un ressort en acier plus « dur » se déforme moins qu’un ressort plus « doux » pour la même force appliquée. Le bois suit la même logique : un C24 se comportera comme un ressort plus raide qu’un C18.
Entraxe optimal selon l’épaisseur des panneaux OSB/3 et OSB/4
L’entraxe de solivage admissible dépend directement de l’épaisseur et de la qualité des panneaux OSB utilisés. Les classes OSB/3 et OSB/4, conformes à la norme NF EN 300, sont les seules réellement adaptées aux planchers porteurs en milieu intérieur (OSB/3) ou en ambiance plus humide (OSB/4). Plus le panneau est épais, plus sa rigidité en flexion augmente, ce qui autorise un espacement plus important entre solives à charge égale. À l’inverse, un entraxe trop généreux associé à un OSB trop mince conduit rapidement à des flèches excessives, à un effet « trampoline » et à des bruits de pas désagréables.
Les recommandations ci-dessous sont issues des règles de l’art et des documents techniques des principaux fabricants de panneaux OSB. Elles sont valables pour des planchers d’habitation soumis à des charges d’exploitation de l’ordre de 150 kg/m², avec un critère de flèche voisin de L/400. Lorsque la destination des locaux impose des charges supérieures, il convient soit d’augmenter l’épaisseur des panneaux, soit de réduire l’entraxe, voire de combiner les deux.
Panneaux OSB 15mm : entraxe maximum de 400mm pour usage courant
Les panneaux OSB/3 d’épaisseur 15 mm représentent l’épaisseur minimale couramment admise pour un plancher porteur en habitat, et encore, sous réserve de conditions strictes. Avec cette épaisseur, l’entraxe des solives doit être limité à 400 mm maximum pour garantir une déformation contenue et un confort de marche acceptable. Au-delà, la flèche sous charge devient rapidement perceptible, surtout si le plancher reçoit un revêtement rigide comme un carrelage ou un parquet massif cloué.
Ce type de configuration (OSB 15 mm sur entraxe 400 mm) convient plutôt aux pièces à usage modéré : chambres, combles aménagés sans cloisonnement lourd, ou zones de circulation occasionnelle. Si vous prévoyez de poser des cloisons de distribution de type Placostil sur le plancher, il est préférable de surdimensionner soit l’épaisseur de l’OSB, soit de réduire davantage l’entraxe. En pratique, beaucoup de professionnels réservent l’OSB 15 mm aux applications de doublage ou de contreventement, et privilégient 18 mm minimum pour les planchers réellement porteurs.
Panneaux OSB 18mm : portée libre jusqu’à 500mm entre solives
Avec des panneaux OSB/3 de 18 mm, on dispose d’une marge de manœuvre plus confortable. Pour un plancher d’habitation standard, les abaques de nombreux fabricants indiquent un entraxes admissible jusqu’à 500 mm entre axes de solives, tout en respectant une flèche de l’ordre de L/400 sous charges usuelles. C’est aujourd’hui l’une des configurations les plus répandues en construction neuve : solives à entraxe 500 mm, panneaux OSB 18 mm posés perpendiculairement et fixés par vissage.
Ce couple entraxe 50 cm / OSB 18 mm offre un bon compromis entre économie de bois de structure et confort d’usage. Pour des pièces très fréquentées (séjour, couloir) ou pour des locaux soumis à des charges ponctuelles importantes (poêle lourd, bibliothèque), vous pouvez néanmoins décider de rester sur un entraxe de 400 mm afin de limiter encore davantage les déformations. Vous constaterez immédiatement la différence au ressenti : un plancher plus ferme, moins vibrant, particulièrement appréciable pour la pose de cloisons légères et de revêtements sensibles.
Panneaux OSB 22mm : espacement de 600mm pour charges lourdes
Les panneaux OSB/3 ou OSB/4 de 22 mm permettent d’atteindre des entraxes de 600 mm entre solives tout en conservant un niveau de flèche maîtrisé, y compris sous charges plus élevées (200 à 250 kg/m²). Cette configuration est particulièrement adaptée aux planchers d’étage recevant des pièces de vie principales, des cloisons distributives ou des équipements lourds. C’est également une solution intéressante pour les combles aménagés lorsque l’on souhaite limiter le nombre de solives posées sur les entraits de fermettes industrielles.
À épaisseur égale, un OSB/4 présente encore de meilleures performances mécaniques et une meilleure tenue en milieu humide qu’un OSB/3, ce qui est un atout dans les zones sensibles (cuisine, salle d’eau à l’étage, buanderie). En revanche, n’oubliez pas qu’un entraxe de 600 mm impose une grande rigueur sur la rectitude et la planéité des solives : le moindre défaut d’alignement se répercutera sur le comportement du plancher. Lorsque l’on recherche un confort maximal (absence quasi totale de rebond et de grincements), beaucoup de bureaux d’études recommandent d’associer l’OSB 22 mm à un entraxe resserré de 400 ou 500 mm : on obtient ainsi un plancher très rigide, idéal avant pose de cloisons et de revêtements fragiles.
Impact de la rainure et languette sur la rigidité transversale
Les panneaux OSB destinés au plancher existent en deux grandes versions : chants droits et chants à rainure et languette (R&L). Ces derniers permettent un emboîtement périphérique qui améliore sensiblement la rigidité transversale du plancher en assurant une meilleure continuité entre panneaux. En reprenant l’image d’une chaîne de maillons, l’assemblage rainuré-languetté agit comme un verrouillage des panneaux entre eux : la charge localisée sur un panneau est mieux répartie sur les panneaux voisins, ce qui réduit les concentrations de contraintes et les risques de fissuration locale.
Cependant, il est important de rappeler que la présence de rainures et languettes ne justifie pas, à elle seule, une augmentation de l’entraxe des solives au-delà des valeurs recommandées par les abaques. Elle doit être considérée comme un « bonus de rigidité » et de confort, mais non comme un levier pour rogner sur la structure porteuse. En revanche, les panneaux R&L présentent un autre avantage pratique : ils limitent les risques de jour entre panneaux et simplifient la réalisation d’un plancher étanche à l’air lorsqu’ils sont complétés par un collage des assemblages ou un joint mastic adapté.
Dimensionnement des solives 63x175mm et 75x200mm selon la portée
Dans la pratique, deux sections de solives en résineux sont très fréquemment utilisées pour les planchers OSB : le 63 x 175 mm et le 75 x 200 mm. Leur choix dépend essentiellement de la portée libre entre appuis, de l’entraxe retenu et des charges de service. À titre indicatif, pour des solives en classe C24 avec un entraxe de 500 mm, une section 63 x 175 mm convient généralement pour des portées de l’ordre de 3,50 m à 4,00 m sous charges d’habitation classiques. Au-delà, la flèche devient souvent le critère limitant, même si la résistance en flexion reste suffisante.
La section 75 x 200 mm permet de franchir des portées plus importantes, de l’ordre de 4,50 m à 5,00 m, toujours avec un entraxe de 500 mm et un plancher OSB de 18 ou 22 mm. Sur certains chantiers, on est tenté d’augmenter l’entraxe jusqu’à 600 mm pour économiser quelques solives : d’un point de vue strictement mécanique, cela peut rester acceptable avec de l’OSB 22 mm, mais le comportement dynamique (vibrations, rebond) peut devenir moins satisfaisant. C’est pourquoi de nombreux charpentiers préfèrent sécuriser en conservant un entraxe de 500 mm pour les pièces de vie et en réservant les entraxes plus larges aux zones de stockage ou aux combles peu sollicités.
Calcul de l’entraxe pour planchers d’étage versus planchers de combles aménagés
Le calcul de l’entraxe de solives pour un plancher OSB doit toujours être mis en relation avec la destination du local. Un plancher d’étage recevant un séjour, des chambres et des cloisons n’est pas soumis aux mêmes sollicitations qu’un plancher de combles aménagés à usage occasionnel. Les normes distinguent les charges permanentes (poids propre de la structure, revêtements, cloisons) et les charges d’exploitation (occupation, mobilier mobile), ce qui permet d’adapter le dimensionnement à chaque cas. En simplifiant, plus la charge totale visée est élevée, plus l’entraxe devra être réduit ou la section augmentée pour respecter les critères de flèche et de résistance.
On peut voir l’entraxe comme un curseur économique et technique : en resserrant les solives, vous améliorez la rigidité globale du plancher, quitte à augmenter un peu la quantité de bois. En les espaçant davantage, vous diminuez le nombre de solives, mais vous devez compenser par des panneaux OSB plus épais et accepter potentiellement davantage de déformations. La bonne solution consiste à trouver un équilibre cohérent avec l’usage réel des locaux et le budget disponible, sans jamais descendre en dessous des exigences minimales des abaques et des normes.
Charges permanentes de 150 kg/m² pour habitation standard
Pour les planchers d’étage d’habitation, on considère en général une charge permanente globale (structure + revêtements + cloisons légères) comprise entre 50 et 80 kg/m², à laquelle s’ajoute une charge d’exploitation réglementaire de 150 kg/m². Dans le langage courant, on parle parfois de « plancher 150 kg/m² », mais il s’agit en réalité de la seule charge d’exploitation. Si l’on additionne les deux, la charge totale de calcul avoisine plutôt les 200 à 230 kg/m², ce qui donne une idée des efforts supportés en continu par les solives et les panneaux OSB.
Dans beaucoup de projets courants, les bureaux d’études et les charpentiers dimensionnent les planchers d’étage pour ces valeurs standard, en adoptant des entraxes de 400 à 500 mm selon l’épaisseur des panneaux OSB et la portée. Pour des pièces recevant des cloisons multiples (par exemple un étage compartimenté en plusieurs chambres et salles d’eau), il est judicieux de vérifier localement l’effet des charges concentrées des cloisons sur les solives et, si nécessaire, de doubler certaines solives sous les alignements de cloisons. Là encore, un entraxe plus resserré facilite l’implantation des cloisons et limite les déformations différentielles.
Charges temporaires de 250 kg/m² selon destination des locaux
Dans certains cas, notamment pour des planchers de combles aménagés à usage de stockage, des ateliers, des bibliothèques ou des locaux techniques, la charge d’exploitation peut atteindre ou dépasser 250 kg/m². Eurocode 1 prévoit différents niveaux de charges selon la catégorie de locaux (habitation, bureaux, lieux de réunion, etc.). Si vous anticipez ce type d’usage, il est impératif de le prendre en compte dès la phase de conception : un plancher calculé pour 150 kg/m² risque sinon de présenter des flèches importantes, voire d’être en situation de surcharge localisée.
Pour ces planchers plus sollicités, deux approches sont possibles : conserver un entraxe « standard » (400 à 500 mm) mais augmenter la section des solives, ou bien réduire l’entraxe tout en maintenant une section raisonnable. Dans les deux cas, l’épaisseur de l’OSB devra être adaptée (souvent 22 mm minimum) afin de limiter la déformation entre solives. Vous voyez ici combien le couple section de solive / entraxe / épaisseur OSB doit être pensé ensemble : surdimensionner un seul élément ne suffit pas toujours à compenser un choix trop ambitieux sur les deux autres.
Coefficient de sécurité 1.5 appliqué aux contraintes maximales
Les méthodes de calcul issues de l’Eurocode 5 intègrent des coefficients partiels de sécurité appliqués aux matériaux et aux charges. Pour le bois de structure, un coefficient de sécurité global de l’ordre de 1,5 est couramment retenu sur les contraintes maximales admissibles, ce qui signifie que la résistance caractéristique du matériau est volontairement minorée pour obtenir une résistance de calcul. À l’inverse, les charges permanentes et d’exploitation sont majorées par des coefficients de combinaison (généralement compris entre 1,2 et 1,5) afin de simuler des situations défavorables.
Sans entrer dans les détails mathématiques, retenez que ces coefficients visent à garantir une marge de sécurité confortable par rapport aux conditions réelles d’utilisation. En pratique, cela justifie le fait qu’un plancher OSB correctement dimensionné selon les abaques paraît parfois « sur-dimensionné » au regard des charges observable au quotidien. C’est précisément cette marge qui vous protège des aléas : surcharge ponctuelle lors d’un déménagement, vieillissement du bois, humidité plus élevée que prévu, etc. Lorsque vous choisissez un entraxe de solive pour votre plancher OSB, vous profitez implicitement de ce niveau de sécurité, à condition de respecter scrupuleusement les valeurs prescrites.
Fixation des panneaux OSB sur solives : vis SPAX ou pointes crantées
La performance d’un plancher OSB ne dépend pas uniquement de la section des solives et de l’entraxe : la qualité de la fixation des panneaux joue un rôle majeur dans la rigidité globale et dans la lutte contre les grincements. Deux grandes familles de fixations sont utilisées : les vis à bois (par exemple de type SPAX, ASSY, etc.) et les pointes crantées ou annelées. Les vis offrent une tenue supérieure à l’arrachement et un serrage plus précis des panneaux sur les solives, au prix d’un temps de pose un peu plus long. Les pointes crantées, associées à un cloueur pneumatique, permettent une mise en œuvre rapide mais demandent un réglage soigné pour éviter de déchirer la surface de l’OSB.
Quel que soit le système retenu, quelques règles de base doivent être respectées : espacement des fixations de l’ordre de 150 mm en périphérie de panneau et de 300 mm en partie courante, distance minimale de 10 mm aux rives pour éviter les éclatements, et entraxe de solive cohérent avec la largeur utile des panneaux. Il est vivement recommandé d’utiliser des vis ou pointes d’une longueur au moins égale à 2,5 fois l’épaisseur du panneau OSB, afin de garantir un bon ancrage dans la solive. L’application d’une colle ou d’un mastic polyuréthane sur l’arase des solives avant pose des panneaux améliore encore la rigidité et limite l’apparition de bruits de friction à long terme.
Erreurs courantes dans le choix de l’entraxe et pathologies du plancher
Malgré la disponibilité d’abaques et de nombreuses ressources techniques, certaines erreurs reviennent fréquemment lors du choix de l’entraxe de solives pour un plancher OSB. Elles sont souvent liées à une volonté d’économie à court terme (moins de solives, panneaux plus minces) ou à une méconnaissance des critères de flèche et de confort vibratoire. Les pathologies qui en découlent ne sont pas toujours spectaculaires au début : un léger rebond sous le pas, quelques grincements, un plancher qui « sonne creux »… mais elles peuvent s’aggraver avec le temps, notamment sous l’effet du fluage du bois et de l’OSB.
On pourrait comparer cela à un pont légèrement sous-dimensionné : il ne s’effondre pas du jour au lendemain, mais il se déforme, fissure ses revêtements et devient inconfortable, voire inquiétant pour les usagers. Un plancher bois mal pensé suit la même logique. C’est pourquoi il est essentiel d’anticiper les principales erreurs pour les éviter dès la phase de conception, plutôt que de devoir engager des travaux de renforcement après coup, souvent plus coûteux et invasifs.
Affaissement prématuré par sous-dimensionnement de la structure porteuse
L’affaissement prématuré d’un plancher est généralement la conséquence directe d’un sous-dimensionnement des solives (section trop faible, portée excessive) combiné à un entraxe trop important. Même si la rupture structurelle n’est pas atteinte, la flèche cumulée sur plusieurs années peut devenir très importante, entraînant des pentes perceptibles, des désaffleurements entre pièces et des difficultés de fonctionnement des portes et cloisons. Dans les constructions anciennes, ce phénomène est parfois accentué par une humidité chronique ou par des attaques biologiques (champignons, insectes xylophages) qui réduisent la section efficace des solives.
Pour un plancher OSB neuf, respecter les abaques de solivage et rester raisonnable sur l’entraxe est le meilleur moyen d’éviter ce type de pathologie. En rénovation, lorsqu’on reprend un solivage existant, il peut être nécessaire d’ajouter des solives intermédiaires pour diviser l’entraxe par deux, ou de renforcer certaines solives par jumelage. Dans tous les cas, un affaissement visible n’est jamais anodin : il traduit une déformation excessive qui, si elle n’est pas traitée, continuera à évoluer défavorablement.
Grincements et bruits de friction dus à un entraxe excessif
Les grincements sont l’une des principales sources d’insatisfaction des occupants d’un logement, même lorsque la structure est mécaniquement saine. Un entraxe de solive trop important associé à des panneaux OSB trop fins favorise les micro-mouvements entre panneaux et solives, surtout si le plancher est soumis à des charges dynamiques (passage fréquent, enfants qui courent, etc.). Chaque mouvement engendre de petites déformations, des frottements, voire des arrachements partiels de fixations, qui finissent par produire des bruits aigus caractéristiques.
Pour limiter ces nuisances, plusieurs leviers existent : réduire l’entraxe pour augmenter la rigidité du plancher, choisir une épaisseur d’OSB suffisante (18 ou 22 mm), privilégier la fixation par vissage serré plutôt que par simple clouage, et, si possible, interposer une bande résiliente entre solives et panneaux. Une bonne pratique consiste également à éviter les entraxes « exotiques » qui ne correspondent pas aux dimensions modulaires des panneaux : plus les joints tombent correctement sur les solives, moins il y a de risques de jeu et de bruit.
Fissuration des panneaux OSB par déformation différentielle
Enfin, la fissuration des panneaux OSB peut résulter de déformations différentielles trop importantes entre solives, souvent liées à un entraxe mal adapté ou à un support irrégulier. Lorsque certains appuis sont plus souples que d’autres (par exemple, solive affaiblie par un perçage ou un défaut de qualité), le panneau OSB travaille de manière non uniforme et concentre les contraintes dans des zones localisées. À la longue, cela peut provoquer des fissures, des éclats en rive ou des ruptures de lames au droit des fixations.
Le respect des joints de dilatation périphériques (10 mm minimum) et des jeux entre panneaux (3 mm) est également crucial : sans ces réserves, les variations dimensionnelles dues à l’humidité peuvent générer des contraintes internes suffisantes pour fissurer les chants ou faire « bouffer » les panneaux les uns contre les autres. Là encore, un entraxe raisonnable, une épaisseur d’OSB adaptée et une mise en œuvre soignée constituent la meilleure protection contre ces désordres. En cas de doute sur un projet particulier (grande portée, usage intensif, pièce humide), il ne faut pas hésiter à solliciter l’avis d’un bureau d’études structure bois ou d’un charpentier expérimenté.