La ferme à blochet représente l’une des solutions les plus ingénieuses de la charpenterie traditionnelle française, conjuguant performance structurelle et optimisation de l’espace habitable sous combles. Cette technique ancestrale, perfectionnée au fil des siècles, trouve aujourd’hui un regain d’intérêt considérable dans les projets de rénovation et de construction durable. Le principe fondamental du blochet repose sur sa capacité unique à éliminer la poussée horizontale exercée sur les murs porteurs, tout en libérant des volumes généreux dans les combles aménageables. Cette caractéristique technique exceptionnelle fait de la ferme à blochet une solution privilégiée pour les maîtres d’ouvrage soucieux de préserver l’intégrité de leurs murs anciens tout en maximisant la surface habitable disponible sous toiture.

Définition technique et caractéristiques structurelles du blochet en charpenterie

Le blochet constitue l’élément horizontal fondamental de cette conception charpentière, agissant comme un relais mécanique entre les arbalétriers inclinés et la structure porteuse verticale. Contrairement aux fermes traditionnelles où l’entrait bas crée une poussée latérale importante, le blochet transforme ces efforts horizontaux en charges verticales, préservant ainsi l’intégrité des murs de façade. Cette pièce maîtresse, généralement positionnée à mi-hauteur ou au tiers supérieur du mur, supporte directement les pieds d’arbalétriers et redistribue l’ensemble des contraintes vers les fondations par compression pure.

La géométrie spécifique du blochet lui confère des propriétés mécaniques remarquables. Sa section rectangulaire, orientée dans le sens de la plus grande résistance, permet d’absorber les moments de flexion générés par les charges de toiture et les sollicitations climatiques. L’ancrage du blochet dans la maçonnerie s’effectue soit par scellement direct, soit par l’intermédiaire de consoles ou de corbeaux en pierre, créant une liaison indéformable entre la charpente bois et la structure maçonnée. Cette configuration technique présente l’avantage considérable de permettre des portées importantes, pouvant atteindre 12 à 14 mètres selon les sections employées et les charges appliquées.

Dimensions standardisées et sections courantes du blochet selon les normes DTU 31.1

Les dimensions du blochet obéissent à des règles précises définies par le DTU 31.1, tenant compte de la portée, des charges permanentes et d’exploitation, ainsi que des sollicitations climatiques régionales. Les sections couramment employées s’échelonnent entre 150×200 mm pour les portées modestes et 200×300 mm pour les structures les plus sollicitées. La hauteur du blochet conditionne directement sa résistance au flambement latéral, paramètre critique dans le dimensionnement structural global.

Positionnement stratégique du blochet dans l’assemblage sablière-chevron

Le positionnement du blochet requiert une attention particulière lors de la conception, car il détermine l’efficacité mécanique de l’ensemble. Placé trop bas, il limite inutilement le volume des combles ; positionné trop haut, il compromet la stabilité de la structure. L’emplacement optimal se situe généralement au niveau de l’entrait retroussé, permettant un compromis idéal entre performance technique et optimisation volumétrique des espaces habitables.

Fonction de répartition des charges et de contreventement horizontal

Au-delà de sa fonction portante primaire, le blochet assure un rôle essentiel de contre

ventement horizontal de la charpente. En travaillant comme une véritable lisse continue, le blochet solidarise les pieds d’arbalétriers et crée un plan rigide qui s’oppose aux déformations latérales dues au vent ou aux mouvements différentiels de la maçonnerie. On peut l’assimiler à une ceinture de béton dans une maison en maçonnerie : il encadre et stabilise l’ensemble du volume. Dans une ferme à blochet bien conçue, cette fonction de répartition des charges et de contreventement réduit significativement les risques de fissuration des murs, de dévers des versants et de déformation progressive de la toiture. C’est ce rôle discret mais central qui explique que le blochet soit aujourd’hui encore privilégié dans les projets de réhabilitation de charpente traditionnelle où la stabilité globale prime sur tout le reste.

Différenciation entre blochet simple et blochet à embrèvement

On distingue classiquement deux grandes familles de blochets : le blochet simple et le blochet à embrèvement. Le blochet simple est une poutre rectiligne qui reçoit les pieds d’arbalétriers par simple appui ou par entaille limitée, les efforts étant principalement repris par l’ancrage dans la maçonnerie ou dans les potelets intérieurs. Le blochet à embrèvement, lui, comporte des entailles plus élaborées (embrèvements, mi-bois, queues d’aronde) qui viennent fortement solidariser arbalétriers, contrefiches ou potelets, de manière à mieux contrôler les rotations et les déplacements relatifs.

En pratique, le blochet simple est souvent privilégié en construction neuve ou sur des murs récents offrant une excellente portance, car il permet une mise en œuvre plus rapide et un usinage standardisé. Le blochet à embrèvement, plus exigeant en termes de traçage et de taille, reste très apprécié en rénovation de bâtiment ancien, lorsque l’on souhaite limiter l’usage de pièces métalliques apparentes et conserver l’esthétique d’une charpente traditionnelle. Dans ce cas, l’embrèvement joue un rôle mécanique majeur : il assure un partage plus fin des efforts entre les pièces de bois, tout en réduisant les concentrations de contrainte sur les points d’appui. Le choix entre blochet simple et blochet à embrèvement dépend donc autant du contexte structurel que des ambitions architecturales et patrimoniales du projet.

Techniques d’assemblage traditionnel et moderne du blochet

Les techniques d’assemblage du blochet constituent un enjeu déterminant pour la performance d’une ferme à blochet en charpente. Qu’il s’agisse de tenon-mortaise traditionnel, de boulons traversants ou de connecteurs métalliques modernes, l’objectif reste le même : garantir une transmission fiable des efforts entre blochet, arbalétriers, contrefiches et maçonnerie, tout en maîtrisant les rotations et les glissements. On peut comparer ces assemblages aux articulations d’un squelette : mal conçues, c’est tout le « corps » de la charpente qui souffre. Bien dimensionnées et exécutées, elles assurent au contraire une excellente durabilité, même sous sollicitations climatiques fortes.

Assemblage par tenon-mortaise avec cheville en bois dur

L’assemblage par tenon-mortaise, bloqué par une cheville en bois dur, reste la solution emblématique de la charpente traditionnelle sur blochet. Le pied d’arbalétrier est généralement taillé avec un tenon, venant s’insérer dans une mortaise ménagée en tête de blochet, ou inversement selon la logique de fabrication choisie en atelier. La cheville, souvent en chêne ou en robinier, vient serrer l’ensemble en léger dévers, créant une liaison à la fois résistante et réversible en cas de restauration future.

Cette technique présente plusieurs avantages pour une ferme à blochet : elle limite l’usage des pièces métalliques, améliore le comportement au feu, et offre une excellente tenue dans le temps si les jeux sont rigoureusement maîtrisés. En contrepartie, elle exige une grande précision de traçage et de taille, ainsi qu’un contrôle strict de l’humidité du bois pour éviter les retraits différés qui pourraient desserrer les assemblages. On recommande souvent de préassembler les blochets et leurs arbalétriers en atelier pour vérifier la géométrie avant levage, ce qui réduit fortement les aléas sur chantier.

Fixation par boulons traversants et plaques métalliques

Avec l’évolution des pratiques de charpente et l’augmentation des exigences réglementaires, les assemblages du blochet se sont progressivement ouverts aux fixations par boulons traversants et plaques métalliques. Dans cette configuration, le blochet reçoit des joues en acier ou des équerres métalliques boulonnées, qui viennent serrer le pied d’arbalétrier ou les potelets. Ce type de fixation garantit une excellente résistance à l’arrachement et au cisaillement, tout en facilitant les ajustements sur site lors de la pose.

Cette approche est particulièrement intéressante pour les fermes à blochet de grande portée, ou lorsqu’on utilise des bois d’ingénierie comme le lamellé-collé ou le LVL. Elle permet d’optimiser la section du blochet tout en maîtrisant finement la répartition des efforts dans l’assemblage. Pour autant, il ne faut pas négliger les aspects de protection contre la corrosion, surtout en zone humide ou en bâtiment agricole, ni les risques de ponts thermiques lorsque la charpente sur blochet s’inscrit dans un projet de haute performance énergétique. Un bon compromis consiste souvent à combiner une géométrie traditionnelle (entailles limitées) avec un serrage métallique discret, assurant à la fois authenticité visuelle et sécurité structurelle.

Utilisation des connecteurs simpson Strong-Tie pour blochet préfabriqué

Dans les chantiers contemporains cherchant à concilier qualité et rapidité de mise en œuvre, l’usage de connecteurs dédiés, de type Simpson Strong-Tie ou équivalents, s’est largement répandu pour les blochets préfabriqués. Ces pièces métalliques normalisées (sabots, équerres lourdes, connecteurs à angle variable) sont calculées selon l’Eurocode 5 et accompagnées de valeurs de résistance certifiées, ce qui facilite le dimensionnement global de la ferme à blochet. Elles s’insèrent particulièrement bien dans les démarches de préfabrication en atelier et de montage à sec sur chantier.

Pour une charpente à blochet, ces connecteurs permettent de fixer les arbalétriers sur le blochet sans entailles profondes, préservant ainsi la section résistante du bois. Ils offrent aussi une certaine tolérance lors de la pose, ce qui est précieux lorsque les murs existants présentent des irrégularités, comme c’est souvent le cas en réhabilitation de bâtiment ancien. Bien utilisés, ces accessoires réduisent le temps de montage et sécurisent la transmission des efforts, mais exigent un calepinage précis et une coordination étroite entre bureau d’études et atelier de charpente.

Mise en œuvre de l’assemblage cloué selon l’eurocode 5

L’assemblage cloué du blochet, longtemps considéré comme secondaire par rapport aux tenons-mortaises ou aux boulonnages, bénéficie aujourd’hui d’un cadre de calcul très précis grâce à l’Eurocode 5. En respectant le diamètre des pointes, leur espacement et leur longueur de pénétration dans le bois, on peut obtenir des liaisons tout à fait performantes, notamment pour des blochets travaillant en répartition de charges plus qu’en reprise de moments importants. L’assemblage cloué est fréquent dans les charpentes mixtes associant fermes sur blochets et éléments de type fermettes industrialisées.

En pratique, l’assemblage cloué est souvent combiné à des sabots ou des platines métalliques, chaque rangée de clous contribuant à la résistance globale de la liaison. Cette technique demande une grande régularité d’exécution sur chantier : le respect des schémas de clouage et des entraxes est essentiel pour garantir la durabilité de la charpente et éviter les déformations différées. Pour une ferme à blochet exposée à de fortes charges de neige ou à un vent important, l’assemblage cloué doit être vérifié avec soin et, le cas échéant, renforcé par quelques boulons stratégiquement positionnés pour reprendre les efforts les plus critiques.

Essences de bois privilégiées et traitement du blochet

Le choix de l’essence de bois pour le blochet conditionne directement la longévité et la stabilité d’une ferme à blochet en charpente. En France, les essences les plus courantes sont le chêne, le sapin-épicéa, le douglas et, de plus en plus, certains pins traités classe 2 ou 3. Le chêne, dense et naturellement durable, est traditionnellement privilégié pour les blochets scellés dans la maçonnerie ou soumis à des conditions d’humidité variables. Il offre une excellente résistance à la compression et au flambement, ce qui en fait un candidat idéal pour les portées importantes et les projets patrimoniaux.

Pour les constructions neuves ou les projets où l’optimisation économique est primordiale, les résineux comme l’épicéa ou le douglas, issus de forêts gérées durablement, constituent une alternative très pertinente. Ils présentent un bon rapport résistance/poids et se prêtent bien à la préfabrication et au collage structural. Le douglas, en particulier, est apprécié pour sa durabilité naturelle améliorée et sa bonne tenue mécanique. Vous vous demandez si un résineux peut vraiment remplacer un vieux chêne en rénovation ? Dans bien des cas, la réponse est oui, à condition de prévoir un traitement et un détail constructif adaptés.

Le traitement du blochet doit toujours être raisonné en fonction de sa classe d’emploi (généralement 2 ou 3 pour une charpente sur blochet). On distingue deux niveaux complémentaires : le traitement préventif (autoclave, trempage, traitement par diffusion) contre les insectes xylophages et les champignons lignivores, et la protection constructive (ventilation des appuis, rupteurs capillaires, évacuation des eaux) qui limite durablement les risques d’humidification. Un blochet mal ventilé, enfermé dans un caisson d’isolation sans pare-vapeur adapté, peut se comporter comme une éponge au fil des saisons : d’où l’importance de coordonner très tôt charpentier et spécialiste de l’enveloppe thermique.

Dans une perspective de construction durable, on privilégie aujourd’hui les bois certifiés (PEFC, FSC) et les produits de traitement à faible impact environnemental. L’intégration du blochet dans un concept global de charpente écologique passe aussi par la prise en compte de son recyclage ou de son démontage futur : une ferme à blochet assemblée par tenons-mortaises et chevilles bois sera, par exemple, plus facile à restaurer qu’une charpente saturée de pièces métalliques non démontables. Ce sont ces choix dès la conception qui feront, dans trente ans, la différence entre une ferme qu’on remplace et une charpente que l’on transmet.

Calcul de résistance et dimensionnement structural du blochet

Le dimensionnement structural du blochet s’inscrit dans le cadre normatif de l’Eurocode 5 (EN 1995-1-1) et de l’Eurocode 1 pour les actions (neige, vent, charges d’exploitation). En pratique, le blochet est analysé comme une poutre soumise à la fois à des efforts de compression, de flexion et parfois de traction locale au droit des assemblages. Sa section doit être suffisante pour limiter les contraintes dans le matériau, mais aussi pour maîtriser les flèches et les déformations différées, particulièrement sensibles sur les grandes portées de 10 à 14 mètres.

Pour une ferme à blochet classique, on commence par établir le schéma statique : charges permanentes (poids propre de la charpente, couverture, isolants), charges climatiques (neige de zone, vent de site) et charges d’exploitation éventuelles liées aux combles aménageables. Ces charges sont ensuite réparties sur les arbalétriers puis ramenées sur les blochets selon les portées et les entraxes. On vérifie successivement la résistance en flexion simple, en compression longitudinale et en cisaillement, sans oublier le risque de flambement latéral pour les blochets très élancés.

Le calcul de résistance d’un blochet en bois massif tient également compte des classes de service (environnement hygrothermique), des classes de durée de charge et des facteurs de modification de la résistance (kmod, kdef) propres à l’Eurocode 5. En d’autres termes, un blochet installé dans des combles chauffés et secs n’aura pas les mêmes contraintes de dimensionnement qu’un blochet en bâtiment agricole soumis à des variations d’humidité importantes. On ajuste donc les sections, les portées et le choix des essences en conséquence, souvent avec l’appui d’un bureau d’études structure spécialisé en charpente bois.

Pour rendre ces considérations plus concrètes, on peut dire qu’un blochet de 200×250 mm en résineux, correctement contreventé et ancré, permet fréquemment de franchir 8 à 10 m de portée sous une toiture traditionnelle en tuiles, en zone de neige modérée. Au-delà, on se tourne volontiers vers des blochets en lamellé-collé ou vers des systèmes mixtes associant blochet et portique, afin de conserver des flèches acceptables et des marges de sécurité suffisantes. Le dimensionnement du blochet n’est donc jamais une simple règle de pouce : c’est un équilibre fin entre contraintes normatives, économie du projet et ambitions architecturales.

Pathologies courantes et techniques de rénovation du blochet

Comme tout élément de charpente bois, le blochet peut développer au fil du temps différentes pathologies, surtout lorsqu’il est scellé dans une maçonnerie ancienne ou mal protégé des infiltrations. Les désordres les plus fréquents sont la pourriture cubique au niveau des appuis, les attaques d’insectes xylophages (capricornes, vrillettes, termites selon les régions), les fissurations excessives dues au retrait ou à une surcharge inadéquate, ainsi que les déformations progressives (flèches, basculements) liées à un sous-dimensionnement initial. Dans une ferme à blochet, ces pathologies se traduisent souvent par des affaissements de versants, des tuiles qui « s’ouvrent » ou des fissures obliques dans les murs de rive.

Le diagnostic d’un blochet doit toujours être mené avec méthode : inspection visuelle approfondie, sondages au poinçon, mesures d’humidité, voire recours à des outils non destructifs (résistographe, micro-perçages, endoscopie) pour évaluer l’état interne du bois. On ne se contente pas de regarder la surface : un blochet peut paraître sain en façade tout en étant très dégradé à cœur sur ses 5 à 10 premiers centimètres d’appui. C’est un peu comme un tronc d’arbre creux encore debout : tant qu’on ne l’a pas sondé, on ne mesure pas vraiment le risque.

Les techniques de rénovation d’un blochet varient selon l’ampleur des désordres. Lorsque les atteintes sont limitées, on peut envisager des consolidations locales par greffe de bois sain, résines d’injection ou platines métalliques de renfort, en veillant à conserver au mieux la géométrie originale. Si un appui est très dégradé, on mettra en place un renfort ponctuel par potelet bois ou acier, posé sur un nouveau massif béton, de manière à reprendre la charge sans sur-solliciter la zone altérée. Dans les cas les plus sévères, un remplacement partiel ou complet du blochet est nécessaire, avec étaiement provisoire de la charpente, découpe soigneuse et mise en œuvre d’une nouvelle pièce sur mesure.

En rénovation de ferme à blochet, il est également fréquent de renforcer le contreventement général lors de l’intervention, par ajout de liernes, de triangulations secondaires ou de panneaux de contreventement (OSB, contreplaqué) discrètement intégrés. Pourquoi se contenter de réparer à l’identique quand on peut, au passage, améliorer la stabilité globale et la résistance aux vents extrêmes, de plus en plus fréquents ? La clé d’une rénovation réussie réside dans la combinaison de trois exigences : respect du bâti ancien, sécurité structurelle actualisée et anticipation des contraintes d’usage futures (combles aménageables, isolation renforcée, nouvelles charges).

Évolution réglementaire et perspectives d’avenir de la ferme à blochet

La ferme à blochet, longtemps cantonnée à la charpente traditionnelle rurale, connaît aujourd’hui une nouvelle actualité sous l’effet conjugué des exigences réglementaires et des attentes en matière de construction durable. L’encadrement par l’Eurocode 5, les DTU de charpente bois (DTU 31.1, 31.2) et les réglementations thermiques successives (RT 2012, puis RE 2020) a profondément modifié la manière de concevoir et de dimensionner les blochets. Les performances énergétiques attendues imposent par exemple une isolation continue de l’enveloppe, ce qui influence directement le positionnement du blochet, la gestion des ponts thermiques et la ventilation des combles.

Parallèlement, l’essor des logiciels de calcul et de modélisation 3D (BIM, outils de calcul intégrés Eurocode) permet de simuler très finement le comportement des fermes à blochet sous différentes combinaisons de charges. Là où l’on s’appuyait autrefois sur quelques abaques et sur l’expérience du charpentier, on dispose aujourd’hui de modèles numériques capables d’optimiser la section du blochet, la position des potelets ou la géométrie des contrefiches. Cette évolution ouvre la voie à des architectures plus audacieuses, combinant grandes portées, combles largement aménageables et respect des maçonneries anciennes.

À l’horizon des prochaines années, plusieurs tendances se dessinent pour l’avenir de la ferme à blochet : généralisation des bois d’ingénierie (lamellé-collé, CLT, LVL) pour les blochets très sollicités, intégration systématique des questions de carbone biogénique et d’empreinte environnementale dans les choix de matériaux, développement de solutions mixtes bois-acier ou bois-béton pour franchir des portées encore plus importantes sans renoncer à l’esthétique chaleureuse de la charpente bois. On voit aussi émerger des démarches de réemploi de blochets existants, démontés, reconditionnés et intégrés dans de nouveaux projets, dans une logique d’économie circulaire.

Pour autant, la philosophie de base de la ferme à blochet reste inchangée : protéger les murs contre la poussée horizontale, dégager un maximum de volume sous toiture et offrir un support fiable aux arbalétriers et aux pannes. La modernité se joue dans les détails : ancrages mieux calculés, assemblages optimisés, traitements du bois plus respectueux de l’environnement, coordination renforcée entre charpentiers, bureaux d’études et architectes. Si vous envisagez une rénovation de combles ou une construction neuve avec une charpente sur blochet, il est probable que vous bénéficierez à la fois d’un savoir-faire pluriséculaire et des outils les plus récents de l’ingénierie bois. C’est précisément cette alliance entre tradition et innovation qui fait de la ferme à blochet une solution d’avenir pour les toitures de 2026 et au-delà.